International - Sécurité Alimentaire : Le "Faso Attiéké" a été consommé à Abidjan, à la faveur du SARA 2023, heureuse d'y avoir participé mais avec un peu de déception de la part de la promotrice, et appel à l'aide face au changement climatique

imgp1.jpgLe Faso Attiéké avait fait bruit a l'ouverture du Salon International de l'agriculture et des Ressources Animales d'Abidjan en 2019 (SARA). Toujours dans la dynamique de participer à la lutte contre l'insécurité alimentaire en Afrique et aussi à travers le monde entier, Madame Bassono Florence a une fois de plus séduit les consommateurs, cette fois- ci avec de nouvelles qualités. Entre autre l'attieké Président, l'attieké premier ministre et l'attieké première dame. Bien emballé et aussi à des prix à la portée de tous. Dans une interview accordée au média en ligne (www.imagedafrique.com) la Directrice de Faso Attiéké a laissé voir sa joie de participer au Sara 2023 et a exprimé un tout petit sentiment de déception face à la limite de la promotion de son innovation.

 

1) Ia.com : Bonjour Madame, prière vous présenter svp à nos lecteurs !
Rép : Je suis Madame Bassono Florence. Je suis africaine d'origine Burkinabè. Je suis la Promotrice de Faso Attiéké.

 

2) Ia.com : Et vous êtes au Sara 2023 avec quel produit ?
Rép : Je suis au Sara avec le Faso attiéké. C'est de l'attiéké frais et l'attiéké déshydraté sous plusieurs formes. Et c'est de l'attiéké qui a été produit depuis depuis mercredi jusqu'à aujourd'hui mardi, on peut manger sans passer à la vapeur.

 

3) Ia.com : Donc combien de jours ?
Rép : Ça fait pratiquement déjà une semaine et l'attiéké est encore frais. Il se conserve deux semaines, même un mois. Et je suis avec l'attiéké sec qui est vraiment très pratique, quelqu'un qui sait boire café et préparer l'eau de son café peut préparer l'attiéké sec, parce qu'il suffit de renverser séché dans récipient qui conserve la chaleur, rajouter la même quantité d'eau bouillante et fermé pendant dix minutes (10 mn) et puis on a vraiment notre attiéké même goût que le frais et c'est de l'attiéké qui est certifié. Il est le meilleur de chez nous et également il y aura très bientôt la certification HACCP.

 

 

4) Ia.com : Mais vous avez dit que le produit est tracé ?
Rép : Oui, quand on prend une boule de Faso- attiéké, on vous dira ça vient de quel producteur. Parce que nous avons installé un système de traçabilité, exigence de la certification HACCP. Donc il y'a notre stratégie, notre document de traçabilité avec la liste des producteurs, leurs parcelles et un système de codification de nos produits. Quand un attiéké à des soucis il suffit de regarder le numéro de lots pour que ce soit déclassé.

 

5) Ia.com : Avec ce que vous dites, est-ce que le consommateur peut dire que c'est du bio ou c'est pas du bio ?
Rép : Faso-attiéké déjà avec les producteurs travaillent, en agriculture contractuelle en agro-écologique. Donc nous interdisons les produits chimiques dans les champs. Peut-être le terme bio, comme les blancs sont venus dire que pour avoir le terme bio, il faut avoir un papier qui est payant, mais sinon c'est vraiment naturel sans produits chimiques. Mais on n'a pas le papier bio, on a la certification NBF qui est une certification nationale au Burkina Faso les normes internationales et le bientôt le HACCP qui est un certificat international.

 

6) Ia.com : Ce qui fait l'actualité aujourd'hui c'est la changement climatique, est-ce que votre base de données des producteurs est confrontée à des difficultés liées au changement climatique ?
Rép : Oui bien sûr, au niveau du Burkina nous savons que nous avons une saison pluvieuse qui dure à peine trois mois (03. Et le manioc a besoin bien sûr de beaucoup d'eau, donc il y a ce problème que nous rencontrons et c'est pour ça déjà que nous  travaillons à ce que ce soit une agriculture agro-écologique. Les producteurs sont déjà formés à la production et l'utilisation du compost. Également nous travaillons à chercher, des partenaires pour leurs donner un système d'irrigation pour pouvoir irriguer leurs champs afin d’avoir de bons rendements afin de nous vendre au prix convenu et pour que toute la chaîne et les acteurs soient satisfaits. Nous à notre niveau, au niveau de Faso-attiéké nous avons pour ambition de devenir une entreprise totalement verte. Donc pour cela nous avons commencé déjà à mener des actions. Il y a un biodigesteur qui est déjà mis en place qui récupère déjà une grande partie de nos déchets, surtout les déchets liquides, qu'on transforme en bio-gaz. Les tests ont été déjà fait et c'est prêt à utiliser. A côté, il y a une porcherie qui récupère une auto partie des déchets solides. Et le biodigesteur nous donne le compost pour être redistribué à nos producteurs.

 

7) Ia.com : Les femmes que vous encadrez, vous êtes femmes et vous encadrez les femmes. Ce projet à quel impact sur les femmes et à quelle valeur d'autonomisation sur ces femmes ?
Rép : La mission de Faso-attiéké, c'est d'autonomiser les femmes et nous sommes tombés sur le manioc, nous avons pensé qu'avec le manioc nous pouvons mieux autonomiser les femmes. Donc en amont, nous avons autour de 900 producteurs qui sont organisés en coopératives reconnues et qui sont accompagnés dans les formations et à travers les partenaires que nous contactons pour eux et également l'accès au financement. Quand on regarde on a un taux de 35 à 40% de femmes sur les 900 producteurs. Il y a la pré-transformation qui est là, qui réunit principalement des femmes pour la pré-transformation en matière première pour nous au niveau de Faso-Attiéké. Nous avons aussi au sein de Faso-attiéké une équipe de 73 personnes dont 65 femmes. Déjà c'est de l'emploi que nous créons et ces femmes-là sont déclarées à la CNSS, en Côte d'Ivoire on dit CNPS je crois bien ( Ndlr : Cnps en Côte d'Ivoire) et elles ont une assurance maladie. En plus, ce sont les femmes qui à la base n'ont aucune formation, pas même dans la production de l'attiéké. Nous ne les rejetons pas, nous les prenons, nous les mentorons,  c'est moi-même qui les mentore avec celles qui ont déjà été formées. On les encadre et elles viennent souvent avec des enfants qu'elles ne peuvent pas laisser à la maison. On ne les rejette pas, on les prend avec les enfants et on a fait à côté un cadre appelé crèche pour mettre les enfants. On a une femme qui s'occupe des enfants, ils ont un repas chaque jour. Au niveau de la distribution de l'attiéké, il y a environ 200 personnes qui arrivent à se prendre en charge grâce à la vente de l'attiéké et ces personnes-là aussi nourrissent des familles. Donc c'est vraiment un grand impact, c'est une entreprise à forte potentielle de développement économique et sociale et même environnementale.

 

8) Ia.com : On va revenir sur la question du changement climatique qui permet à ces femmes de se regrouper en coopérative agricole de manioc, c'est quoi vos attentes pour les aider à tenir face au changement climatique pour ne pas que vous manquiez effectivement de la matière première ?

Rép : A chaque fois que j'ai l'occasion d'avoir le micro, je lance un appel en fait pour  que ce maillon là soit accompagné par rapport à l'irrigation. Parce que sans l'eau on n'aura pas de manioc de bonne qualité. C'est vrai le manioc s'adapte au changement, mais pour avoir un bon rendement, il faut forcément qu’il ait suffisamment d'eau. Donc le cri de cœur c'est l'eau et également il y a certains endroits particulièrement au Burkina où il y a la divagation des animaux, donc il faut que leurs parcelles soient protégées avec des clôtures, sinon ça crée vraiment des conflits. C'est une perte en fait pour ces femmes-là, parce qu’elles plantent, mais n'arrivent pas à récolter. Le manioc, il est résistant, quand les animaux viennent ils coupent. Il fait encore son mieux pour repousser, mais dès que les animaux voient les jeunes pousses, ils reviennent encore ils coupent. Donc c'est vraiment une perte pour elles. On a fait l'expérience en 2020. Nous avons organisé des femmes autour de 25 hectares, elles ont pris 4 hectares, elles ont produit le manioc. Moi-même je suis arrivée, j'ai vu un troupeau de bœufs qui traversait le champ et ils ont carrément tout raclé et ça fait vraiment pitié. Donc il faut que le champ soit clôturé, il faut que le champ ait de l'eau pour irriguer. Et quand c'est irrigué, c'est un gain à tous les niveaux, non seulement elle aura ses tubercules de bonnes qualités pour vendre à un bon prix et également elle peut mettre d'autres cultures à l'intérieur sachant qu'il y a l'association des cultures qui est favorable pour préserver l'environnement et s'adapter au changement climatique. Il y a aussi les formations pour leur permettre vraiment de pouvoir avoir du bon compost et également des produits naturels de traitement contre les attaques.

9) Ia.com : Vous n'êtes pas à votre première participation au Sara, une année vous avez remporté un prix et puis ça quand-même fait écho dans le Sara pour dire que c'est la Côte d'Ivoire qu'on connaît avec l'attiéké, pourquoi le Faso-attiéké remporté ce prix ? Beaucoup de quiproquo, est-ce que vous pouvez revenir sur ça pour nous donner plus de détails ?
Rép : (Ndlr : Elle sourire et baisse la tête) C'est vrai la dernière édition du Sara 2019 j'y étais avec la fondation pierre Castel. Parce que j'ai été lauréate Burkinabè du prix pierre Castel du Sara 2019 et ils sont venus remettre ce prix au Sara. C'est vrai beaucoup d'ivoiriens n'ont pas accepté cela, mais je suis  quand-même déçue, parceque je m'attendais à ce que cette année je sois  décorée par les ivoiriens parce que ça a contribuer à révolutionner le secteur de l'attiéké en Afrique mieux en Côte d'Ivoire. Donc je m'attendais quand-même à une reconnaissance, mais jusqu'à présent c'est vous, vous êtes là première presse ivoirienne à passer dans mon stand pour parler de cette distinction et on a du mal à faire comprendre aux Ivoiriens que c'est pas une concurrence, mais c'est une intégration sous-régionale pour que notre manioc émerge.  Vous savez qu' avec le conflit par exemple, c'est venu après qu'il y ait eu le bruit sur cette affaire d'attiéké d'une femme Burkinabè qui a failli créer des problèmes diplomatiques entre les deux pays, alors que ça devrait pas être le cas. On devrait plutôt s'unir pour que le manioc puisse prendre le dessus sur le blé qui est importé de l'extérieur.

 

9) Ia.com : Vous n'êtes pas à votre première participation au Sara, une année vous avez remporté un prix et puis ça quand-même fait écho dans le Sara pour dire que c'est la Côte d'Ivoire qu'on connaît avec l'attiéké, pourquoi le Faso-attiéké remporté ce prix ? Beaucoup de quiproquo, est-ce que vous pouvez revenir sur ça pour nous donner plus de détails ?
Rép : (Ndlr : Elle sourire et baisse la tête) C'est vrai la dernière édition du Sara 2019 j'y étais avec la fondation pierre Castel. Parce que j'ai été lauréate Burkinabè du prix pierre Castel du Sara 2019 et ils sont venus remettre ce prix au Sara. C'est vrai beaucoup d'ivoiriens n'ont pas accepté cela, mais je suis  quand-même déçue, parceque je m'attendais à ce que cette année je sois  décorée par les ivoiriens parce que ça a contribuer à révolutionner le secteur de l'attiéké en Afrique mieux en Côte d'Ivoire. Donc je m'attendais quand-même à une reconnaissance, mais jusqu'à présent c'est vous, vous êtes là première presse ivoirienne à passer dans mon stand pour parler de cette distinction et on a du mal à faire comprendre aux Ivoiriens que c'est pas une concurrence, mais c'est une intégration sous-régionale pour que notre manioc émerge.  Vous savez qu' avec le conflit par exemple, c'est venu après qu'il y ait eu le bruit sur cette affaire d'attiéké d'une femme Burkinabè qui a failli créer des problèmes diplomatiques entre les deux pays, alors que ça devrait pas être le cas. On devrait plutôt s'unir pour que le manioc puisse prendre le dessus sur le blé qui est importé de l'extérieur.

 

10) Ia.com : Le Faso-attiéké, on n'a pas demandé votre vision. On sait que vous êtes une femme battante à voir le décor du stand, mais on a quand-même envie de vous demander. C'est quoi vous voulez voir au soir de votre vie avec l'image du Faso-attiéké ?
Rép : Comme je l'ai dit, ma mission, moi depuis toute petite j'ai rêvé d'être l'avocate des femmes défavorisées et j'aimerais que ces femmes-là soient autonome. Il y a en qui sont déjà dans la transformation du manioc. Mais quand je regarde leur manière de travailler, c'est comme si elles ne prennent pas leur activité au sérieux. J'aimerais quand-même que ce manioc contribue à donner de l'emploi et à faire rayonner les femmes sur le plan national, sur le plan international, à créer Beaucoup d'emplois. Que ces enfants qui sont non scolarisés grâce à la transformation du manioc, les femmes puissent scolariser leurs enfants et soigner leurs enfants. Parce que quand vous suivez le documentaire de Faso-attiéké, vous avez les témoignages des femmes. Et si je vous dis juste avant de venir ici j'étais un peu énervée avec un mari parce qu'il dit à sa femme de retirer l'enfant de l'école parce qu'il n'a pas l'argent pour payer la scolarité. Et si la femme ne travaille pas effectivement il allait laisser l'enfant dans la rue. Donc nous avons dû venir au secours de la femme pour qu'elle puisse aller inscrire son enfant à l'école. Donc je voulais vraiment que Faso-attiéké soit une grande organisation au niveau même mondial qui a beaucoup plus de commandement dans toute l'Afrique et beaucoup de représentation au niveau international et qui regroupe en amont et autour de 50 milles producteurs qui travaillent en agriculture contractuelle agro-écologique et qui emploie plus de 5000 personnes et de façon permanente.

Aujourd'hui nous sommes seulement à 73, mais nous voulons que ça soit attiéké prisé et que  ça soit un groupe qui est accompagné plus 5000 personnes.

 

11) Ia.com : Un mot pour votre passage au Sara
Rép : Je suis contente de l'ambiance qui a régné au Sara et  j’ai vendus beaucoup de produits. Je n'aimerais ne  pas repartir du Sara   avec un seul produit. Mais quand je voyage en tant qu’avocate des femmes défavorisées je vais également avec les produits de la coopérative. Nous avons la farine de maïs, la farine de manioc, nous avons la farine de sorgho, nous avons des croquettes faites à bases de céréales de manioc et pleins d'autres produits. Je suis venues et je suis reparti du Sara avec des contrats pour l'exportation de Faso-attiéké frais, tout comme séché, également des produits et de autres membres de la coopérative.

 

Tuo Tchang
imagedafrique2017@gmail.com