Côte d'Ivoire - Informel : la cordonnerie, un métier artisanale qui fait toujours vivre des familles

imgp1.jpgÀ Bouaké, au carrefour Thidiane, certains métiers longtemps sous-estimés continuent pourtant de faire vivre des familles. C’est le cas de la cordonnerie, exercée depuis plus de vingt ans par Ouattara Soualio.

Dans un contexte où de nombreux jeunes aspirent uniquement aux emplois de bureau, des artisans continuent de prouver que les métiers manuels restent une alternative crédible. À la Zone, précisément au carrefour Thidiane à Bouaké, Ouattara Soualio exerce le métier de cordonnier depuis plus de vingt ans. Patron de son propre atelier, il travaille avec l’aide de son fils, Ouattara Moussa.

Passionné depuis l’enfance, Ouattara Soualio explique avoir choisi la cordonnerie après un parcours scolaire limité. Inspiré par un ami déjà dans le métier, il décide de s’y lancer, convaincu que ce travail pouvait lui permettre de subvenir à ses besoins. Un choix qu’il ne regrette pas aujourd’hui.

Dans son atelier, il fabrique et répare divers types de chaussures. Sandales, changement de semelles, recoloration, réparation de chaussures en pneu, vente de chaussures pour hommes et femmes : la cordonnerie qu’il pratique est polyvalente. Pour ce faire, il utilise plusieurs matériaux tels que le cuir, le skaï, le simili et d’autres accessoires adaptés au métier.

Pour Ouattara Soualio, la cordonnerie demeure un métier essentiel, surtout pour la jeunesse. Grâce à cette activité, il assure la subsistance de sa famille et la scolarité de ses enfants. Il regrette cependant le désintérêt de nombreux jeunes pour les métiers manuels, qu’ils jugent trop pénibles ou peu valorisants.

Fier de son parcours, le cordonnier affirme vouloir exercer ce métier jusqu’à la fin de sa vie. Il lance un appel à la jeunesse ivoirienne à apprendre un métier et à le prendre au sérieux, estimant que l’artisanat reste un moyen honnête et durable de construire son avenir.

  Bakayoko Youssouf
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